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L’article de la haine #2 : Jeu de rôle Magazine

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J’aime la presse. J’adore aller chez mon revendeur préféré, récupérer mes magazines favoris. Alors pour ce qui est de mes autres centres d’intérêts, ça va je suis bien servi. Mais niveau jeu de rôle, ce n’est pas la panacée. En fait pour tout dire, il y a bien qu’un canard qui traîne par-ci, par-là et que je prends lorsque je l’aperçois ; Jeu de rôle magazine.

Bon. Comment dire. Il va sembler que je tire sur l’ambulance, mais bref. Allons-y, j’aime ça. C’est un de ces trucs que j’achète pour me donner bonne conscience, un peu comme un « allez, un peu d’argent dans la poche du JdR français ». Vu qu’il sort tous les trois mois, ça ne me revient pas très cher. Et pour tout dire, j’ai dû acheter à peu près tous ceux de l’année passée. C’est en voyant le dernier, en le tenant dans mes mains et en le parcourant de mes petits yeux fatigués que j’ai compris que je me faisais entuber. L’idée que je me fais d’un magazine sur le sujet est-elle malvenue ?

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Une critique s’est glissée dans cette image, la trouverez-vous ?

Je ne suis pas compliqué pourtant. Quand j’achète un magazine sur un sujet, j’attends qu’il traite de ce sujet en très grande partie. Non franchement, si j’achète une revue sur le cinéma, et qu’ils écrivent plus de la moitié de leur torchon sur des clip vidéos ou sur des critiques de musiques, je ferais la gueule. Même si ce sont des musiques de film. Et bien là, avec notre charmant trimestriel, on se tape une bonne tartine de trucs dont je me fous personnellement. Allez, je ne fais pas de la mauvaise foi, je ne suis pas comme ça voyons. Je suis tellement de bonne foi que je vais regarder un peu leurs critiques. Y en a beaucoup, on dirait ! Ah oui… Beaucoup. Un quart environ de ces critiques sont dédiées au jeu de rôle. Et voilà la gueule des critiques, je passe sur le grog (gratuit, hein) et j’en apprends plus que dans leurs trentaines de lignes lapidaires. Rien qu’avec ça, j’ai déjà l’impression de m’être fait sacrément enfariner l’arrière-train. En plus vu que c’était à l’approche de Noël, ils nous ont fait une sélection ! Mais trop bien moi je dis. Tu te dis que les mecs, ils ont du bosser leur truc ! Dans cette sélection, le nouveau supplément du Trône de fer, « La Garde de Nuit ». 16 lignes pour nous décrire l’intérêt du livre. Ce « conseil », qui en format normal ferait deux lignes est encore moins indicatif que la quatrième de couverture du supplément. Non je déconne pas hein.

Et vous pensez que c’est le pire ? Non car les trois-quart qui reste, je me demande si j’en parle. Bon les jeux de société, soit, je trouve que ça a légèrement sa place. Mais légèrement, hein. Par contre il faudra qu’on m’explique pourquoi il y a presque une vingtaine de « critique » roman. Et ça s’appelle critique ? C’est pour rire, j’appelle ça un compte-rendu de collège. Fan absolu d’Entretien avec un Vampire (le livre, je précise), leur critique m’a tout simplement balancé sur les fesses. Et pour les autres romans, je ne les ai pas lu et j’ai franchement pas envie de les lire vu leur dégaine. Mais qui est le public cible ?

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Ah le med-fan, en perpetuel renouvellement.

Ah cette question… je me la suis posé longtemps. Puis je suis arrivé au dossier sur les vampires. Pour le coup, même si le ton et l’écriture sont toujours dans la même veine, avec points d’exclamations et questionnements dignes d’Alien Theory (mention spéciale à l’article sur Vlad Tepes, qui s’interroge à la fin ; Tepes est-il vraiment mort ? Rolala ça fait peur !), ça a au moins le mérite de ne pas dire des conneries et de vulgariser le thème. Pour des novices ayant juste besoin d’inspiration vampirique pour leurs parties, c’est pas mal. Enfin ça s’effondre quand on tombe sur le questionnaire style Aufeminin.com de la fin du dossier, « quel vampire êtes-vous ? » . Là j’ai lâché le magazine, j’ai su que je n’étais pas le public ciblé.

Bon je vais en finir là, je pourrai continuer des heures mais il vaut mieux que je m’en tienne à un simple ordre chers petits lecteurs : N’achetez pas Jeu de rôle magazine. A moins que vous aimiez vous faire empapaouter, ou que vous vous intéressez plus aux romans bas de gamme chroniqués qu’au jeu de rôle. Je suis le seul à rêver d’un trimestriel qui disposerait d’articles de fond ? Un truc à la http://ptgptb.free.fr/, avec des articles inédits, moi j’achète de suite. Ou même, des critiques longues, des dossiers thématiques approfondis ? Le jeu de rôle est un média particulier, mais qui ne peut être que prolifique quand on le veut bien … Le travail des amateurs en ligne le prouve bien (et en plus, le leur est GRATUIT).

PS : La maquette est moche les gars.

PS 2 : Par respect pour les auteurs et surtout leur famille, j’ai préféré ne pas mentionner leurs noms.

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Written by Manasdoo

27/01/2014 at 18:18

Publié dans Billet d'humeur, JDR, Uncategorized

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L’article de la haine #1 : Être rôliste, haïr le médieval-fantastique

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Prenons le stéréotype du rôliste. Un rôliste, c’est quoi ? Barbu, gros, à lunettes, derrière un écran tâché de gras, marmonnant d’une voix nasillarde des émoluments stupides sur un monde de sa création ou pas. En général, on imagine rarement ce gars et son groupe jouer à autre chose qu’à du médiéval fantastique. Ben oui, grâce à l’imaginaire collectif (enfin surtout l’influence américaine), le rôliste joue à Dungeons & Dragons, lance des gros D20 et fantasme sur des armes au symbolisme phallique dérangeant.

Je n’ai pas fait de statistiques, mais il est inutile d’en faire pour se rendre compte que le rôliste français est majoritairement dans ce cas-là ; il suffit de prêter attention aux types d’univers proposés sur le marché du jeu de rôles pour se rendre compte que ce fameux médieval-fantastique pullule. Le rôliste est-il donc à 90% gros, fan de Legolas ou Gimli et si peu sûr de sa virilité ? Peut-être, mais je ne vais pas m’interroger sur ce fait-là pour aujourd’hui. Car la question la plus importante est de savoir si on peut être rôliste en détestant ces foutus univers gavés d’elfes, de boue et de dragons.

Je peux m’affirmer comme rôliste. Je pratique depuis bien des années, peut-être 5 ou 6 ans. Je suis MJ à 95% du temps, souvent deux ou trois fois par mois. J’ai testé bien des univers, ait fait mes classes sur Dungeons & Dragons 3.5, Anima, COPS, Monsterhearts, Deathwatch, Icons ou encore Cthulhu (ceci n’est pas une liste exhaustive). Avec mon groupe, nous avons testé une multitude d’univers différents, et avons délaissé la période poussiéreuse du moyen-âge et son frère mal-formé qu’est le médieval-fantastique depuis bien longtemps. C’est au contact récent d’un autre groupe que j’ai découvert que certains pouvaient, encore, être fascinés par ce type de cadre. Et c’est de là que j’ai eu envie de mettre au clair mes raisons de détester le médieval-fantastique.

Pourquoi joue-t-on au jeu de rôles ? Pour stimuler notre imagination en partie, non ? Bien sûr, certains veulent juste rigoler avec les copains, boire de la bière, tuer du streum ou draguer la voisine. Mais la composante imaginative est inhérente à cette activité, particulièrement pour le MJ. Le médieval-fantastique, c’est le castrateur de cette imagination. Alors oui, je ne compte pas critiquer les gens qui joue au médieval-fantastique, ils font ce qu’ils veulent. Je peux comprendre le besoin de détruire de l’orc, du gnoll, des skavens et ces autres conneries. Même si moi perso, je prends Diablo 3 ou WoW et je fais la même chose en plus vite, plus pratique, plus beau et avec autant de copains. Mais cela reste un choix personnel, orienté par ma génération.

Fais ton choix dans ce rayon d'originalité !

Fais ton choix dans ce rayon d’originalité !

Pourquoi castrateur de l’esprit imaginatif ? Tout est déjà imaginé. Prenons l’exemple de ce groupe que j’ai rencontré la dernière fois. C’est le moment de la création de personnages. Dès le départ, nous avons quelqu’un qui clame l’envie d’être une archère habile, l’autre qui veut faire un troll bourrin, et le dernier qui fait un roublard. Bien. Pour moi, c’est déjà fini à ce moment là. En gros on avait laissé le choix à moi et à ma copine de faire le DPS cac et le DPS magique. Génial, non ? Bien sûr je n’utilise pas ces termes venant du MMORPG pour rien. C’était tout à fait l’idée du groupe dans cette création de personnage. Et ça déjà, ça me dégoûte. Je ne suis absolument pas contre l’idée de faire un groupe équilibré, ça non. Sauf que, si je fais un guerrier dans ce monde, je vais être quoi ? Ben un guerrier. Voilà. J’ai mon rôle, super. Bien sûr on va me dire que je suis capable de faire preuve d’imagination et me débrouiller pour sortir du stéréotype. Ah oui, comment ? En sortant une histoire de vengeance, d’orphelin, un background de 6 pages dont tout le monde se fout ou en me battant avec une cuillère à soupe en guise d’arme ? Ça pourrait être fun sur le moment oui, mais sur la durée le jeu n’en deviendrait que plus pénible.

Et bam, si t’as l’idée de faire un nain, ben tu vas boire de la bière et être rancunier. Un elfe ? Un homosexuel centenaire pardis, qui sait forcément manier l’arc ou au moins lancer une boule de feu. Il n’y a que moi qui trouve cela puant ?

Tapez femme médieval-fantastique sur google, on a ça ou des magiciennes habillées en noir.

Tapez femme médieval-fantastique sur google, on a ça ou des magiciennes habillées en noir.

Pas besoin de disserter sur le fait que le choix d’une race au début d’une partie de D&D ou assimilé, entraîne des discussions tout à fait convenues. Faire les nains robustes, les hobbits malins, les elfes intelligents, et les humains tout à la fois … J’ai comme l’impression qu’il y a une idéologie bien sale qui est passée par là et qui a juste changé des mots. Oui, c’est marrant de jouer un elfe pour la première fois, se prendre des blagues homophobes, tirer à l’arc et faire du surf sur un bouclier. Mais pas la deuxième fois, encore moins la troisième. Et le pire, c’est qu’il semble qu’il existe une convention sociale qui dit « vous avez le droit de vous moquer de telle race ». Sous le couvert de la race imaginaire, on peut ainsi être homophobe, misogyne, voleur et menteur. Dans l’absolu je me moque de cela tant que ça reste de l’humour et dans le cadre du jeu, sauf que j’y vois personnellement une hypocrisie puante derrière ce fait. Ça viendrait à l’idée du nain de traiter le guerrier de tapette car celui-ci tire à l’arc ? Car il compose un poème ? Moins facilement que si c’était un elfe, pourtant ça reste de l’homophobie. On peut trouver que j’exagère, mais ça reste vrai. Je ne condamne pas les blagues limites entre potes, mais il faut assumer l’idéologie qui est véhiculée par ces clichés. Au niveau de la discrimination, je ne préfère même pas parler de la misogynie. Je vois ça et là des hommes qui chouinent du manque de femme dans le jeu de rôles. Ben les mecs, quand la majorité des jeux proposent de sauver une princesse ou installent un cadre peu propice à l’émancipation féminine, faut pas s’étonner. Surtout si tu tombes sur un MJ à la con qui va te faire croire que c’est réaliste que dans D&D un dragon prenne le café avec toi ou que tu contactes un type à 3000 km avec un parchemin mais qui va refuter l’idée qu’une femme puisse être respectée dans son jeu déjà bien anachronique et illogique. Une demoiselle ne jouera pas volontiers dans un univers semblant la rejeter de toute son âme, ça semble normal, non ?

Blanc, hétérosexuel, masculin, voilà le profil qui correspond à ce type d’univers. Et ça me rebute.

Là, c'est bien !

Là, c’est bien !

Buter un dragon c’est bien, on est d’accord. J’ai adoré mes innombrables heures à jouer à D&D ou Warhammer. Mais merde, comment ne pas voir la limite de ces univers au bout d’un moment ? Suis-je le seul à avoir perpétuellement l’impression d’avoir tout vu ? Le vieux qui va t’aider ou te poser une énigme, le village en détresse, les brigands sur le chemin, ce putain de mage maléfique qui fait chier tout le monde de sa tour magique… Mes meilleures parties furent celles dans un monde contemporain, ou du moins plus tardif que ce foutu médieval-fantastique. Pourquoi ? Déjà la cohérence de nombreuses choses. Exit les mages qui se téléportent partout, les dragons qui posent leur cul sur la première banque qui passe et les hobbits inutiles, race dont on se demande toujours pourquoi elle subsiste encore. Faire une partie de COPS en sentant la pression de la justice, de la société, de la famille, c’est autre chose. Faire du Monsterhearts et être confronté aux problèmes de l’adolescence, à des événements surnaturels et à ses camarades de classes c’est encore autre chose. Et même faire du Anima, qui semble prendre position dans un monde médieval fantastique a bien plus d’intérêt grâce à un univers bien unique et surtout une création de personnage permettant toutes les fantaisies, te permettant de faire un guerrier oui, mais un guerrier qui se bat lui vraiment avec une cuillère à soupe ou avec des pets magiques.

Je défends l’idée que pour faire du monster bashing, rien ne vaut une bonne console ou un bon PC. Quand je joue au jeu de rôles, je veux jouer un rôle. Et un rôle que j’ai choisi moi même, qui ne dépend pas du cahier des charges de l’univers. Je ne veux pas être le guerrier nain, le mage elfe, le ranger humain. Je les emmerdes ceux-là. J’emmerde le donjon à 6 étages avec un boss à la fin qui t’attend peinard. J’emmerde la moisissure répétée de ces univers, vus, lus et mêmes entendus partout.

Après ce torrent de haine primaire, il me semble essentiel de recentrer mon article. Ma haine de ces univers provient sûrement de D&D et de ses règles imbuvables. Un jour peut être, je tomberai sur un jeu de rôle médieval-fantastique qui me ferait aimer ce style.

Written by Manasdoo

07/11/2013 at 19:33

Publié dans Billet d'humeur

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